L'INTERCULTUREL A STAJ...

Le secteur interculturel de notre association s’est constitué à partir d’expériences d’immersion d’animateurs dans des pays étrangers, de projets d’échanges de jeunes et des formations émanant de différents sites STAJ. Ces différentes expériences nous ont amenés à nous questionner fortement sur les implications idéologiques, politiques et sociologiques qu’implique la rencontre et la découverte de cultures différentes. De même, les perspectives éducatives engendrées par ces actions nous ont amenés à considérer l’imterculturel comme une priorité quant à l’évolution de nos sociétés. L’importance des enjeux de tels projets ont donc amené STAJ à se positionner clairement en faveur de projets interculturels concertés et suivis. C’est pourquoi nous avons mis en place une commission interculturelle qui réunira différentes personnes issues des sites STAJ.

Le Projet :

Plusieurs constats et questionnements ont amené STAJ à " investir " le champ de l’interculturel sur plusieurs niveaux:

  • Nos sociétés sont irréversiblement multi-culturelles : des individus porteurs de différences (culturelles, personnelles ...) se croisent, se cotoient, en un mot vivent ensemble. Mais cette réalité ne se passe pas sans heurts. Hier comme aujourd’hui, sous diverses modes d’expression, des manifestations de discrimination, de racisme et d’intolérances mettent à jour les difficultés du " vivre ensemble ". La différence de culture, de religion, de couleur, de famille etc .... a toujours été, à un moment ou à un autre et, dans un endroit ou dans un autre, source de conflits plus ou moins violents : rejetter l’Autre semble plus simple que l’accepter.
  • Pour autant, la relation à l’Autre est au coeur de la construction de l’individu. Nous ne pouvons savoir ce que nous sommes si personne ne nous en renvoit une image. Nous ne pouvons être nous même si l’autre n’est pas différent. Etre soi ne veut rien dire sans les autres : " je suis les liens que je tisse avec les autres ". (Albert Jacquard " Petite philosophie à l’usage des non-philosophophes ")
  • Aujourd’hui en particulier, l’ouverture des frontières sur l’Europe, les mouvements de population liées aux inégalités sociales, la co-existence grandissante d’individus d’origine différente, les avancées technologiques, le développement des médias et multi-médias, etc ... n’entrainent pas systématiquement une meilleure compréhension, un meilleur respect des différences et encore moins un meilleur rapport à l’altérité. Certains contacts peuvent même renforcer les perceptions erronées (préjugés, stéréotypes, réflexes ethnocentriques ....) que chacun d’entre nous entretenons vis-à-vis de ce qui nous est " étranger ".

· Ces jugements et/ou " pré-jugements ", utiles à individu et/ou à un groupe pour se constituer en tant que tels, sont issus le plus souvent " de l’imprégnation du climat ambiant, des images culturelles issues de l’histoire et transmises par le discours social, le milieu familial, les médias ".

   

   


Le Service Technique pour les Activités de Jeunesse, envisage un idéal de société où les différences ne sont plus l’objet de rejet mais le gage de notre évolution. Il s’agit de passer d’une société multi-culturelle à une société interculturelle, c’est-à-dire une société où la diversité des personnes enrichit chacun d’entre nous. " Si l’interculturel postule la reconnaissance de la diversité et la pluralité des normes, il est essentiellement dialogue, interaction, échange, processus dynamique, construction de sens à partir de la diversité, construction d’une histoire et d’une communauté sociale ". (C. LABAT, G. VERMES " Sociétés interculturelles. Du contact à l’interaction. ") N’oublions pas que communiquer signifie " mettre en commun " ...

De même, nous souhaitons agir pour que nos sociétés et les individus qui les composent vivent mieux ensemble, c’est-à-dire envisagent la place de chacun en termes de complémentarité et non en termes de compétition. Il ne s’agit pas de réfléchir à la façon d’amener un individu qui colle strictement à son temps (en tant que citoyen européen par

exemple) mais plutôt l’amener à devenir " citoyen du monde ", conscient de ses droits, de ses devoirs, de ses responsabilités et de ses potentialités.

Il s’agit en fait, de chercher de nouvelles méthodes pour former des individus à être eux-mêmes avec les autres et non à être eux-même en s’opposant aux autres, comme bien souvent nous en faisons implicitement l’apprentissage.

Dans ce cadre, l’apprentissage de la relation à l’autre, du rapport à la différence n’est pas simplement un moyen pour devenir plus ouvert ou plus tolérant (cette dernière notion peut d’ailleurs être discutée ... ), mais bien plutôt un moyen pour devenir conscient. Conscient de l’apport des autres certes, mais aussi conscient et critique par rapport à sa propre réalité, à ses propres normes, à ses propres jugements et vérités.

Nous souhaitons participer à la mise en place d’une éducation qui se donne pour objectifs d’offrir des outils pour que chacun puisse choisir sa place en ayant conscience de la portée de ses positionnements, des ses actes, de ses choix ...

Les projets à vocation interculturelle, à condition qu’ils soient systématiquement évalués, peuvent se présenter comme de véritables moyens pour agir en faveur d’une société ouverte à la diversité culturelle. Plus encore, ils peuvent être des moyens pour amener des jeunes à devenir des citoyens actifs, soucieux du respect des droits de l’Homme.

En effet, c’est aussi et surtout par des actes et des comportements quotidiens que nous contribuons à ce " meilleur vivre ensemble ". Or, ce questionnement doit être accessible à tous, s’agissant d’éducation populaire, c’est une question que nous ne pouvons contourner.


Les actions interculturelles de STAJ s’articulent autour de trois axes essentiels :

  • La formation de responsables associatifs et animateurs amenés à encadrer des actions de jeunes à vocation interculturelle.
  • La mise en place d’échanges de jeunes et expériences d’immersions.
  • L’insertion sociale.

La formation de responsables associatifs et animateurs amenés à encadrer des actions de jeunes à vocation interculturelle.

Elle s’articule autour des idées forces suivantes :

- L’un des intérêts majeurs du travail en partenariat est d’identifier de part et d’autre des frontières les besoins de formation communs, puis les processus de formation conciliant les cultures d’origine des participants (ce qui n’impose en aucun cas de gommer les écarts et par extension les confrontations culturelles, bien au contraire).

- Si les apprentissages techniques liés aux fonctions de l’animateur font partie intégrante de la formation, l’une des particularités de la formation " interculturelle " telle que nous l’entendons, est la prise en compte de la dimension personnelle, sensitive, émotionnelle des participants (confrontés par le biais de mises en situations contrôlées, à des problématiques impliquantes). C’est en effet, cette dimension qui donne à la formation une valeur dépassant le cadre de l’action formelle.

- Parce qu’elle élargit le champ de formation, la prise en compte de la dimension personnelle, conceptualisée, permet d’envisager la création d’un label de formation à l’interculturel composé de modules transposables à différents publics, différentes tranches d’âge.

- Nous mettons donc en place des temps de travail sur les notions d’identité et cultures, de stéréotypes et préjugés, de chocs culturels .... qui partent de son propre vécu. Il s’agit de partir des expériences et des représentations des participants. Chaque formation est donc différente et fonction des personnes qui en sont actrices.

- Les formations proposent des temps d’échanges de savoirs et d’expériences, il s’agit de mutualiser les compétences, de se confronter sur des techniques, des pratiques, des points de vue ...

- Sont encore abordés les questions relatives à l’organisation technique des échanges et des séjours à l’étranger (assurances, législation, ...)

   
   


La mise en place d’échanges de jeunes et expériences d’immersions.

Les échanges de jeunes (pouvant intégrer pour les Français, le cadre juridique du CVL) ne doivent pas être considérés comme une suite d’actions sans attache entre elles et dissociées de la formation. Il se veut au contraire, le terrain privilégié du projet de société que nous défendons, au même titre que la formation, tous deux entretenant l’un par rapport à l’autre, de par leur complémentarité, un perpétuel mouvement d’action/réflexion/évolution.

C’est pourquoi les stages de formation que nous mettons en place ne prennent tout leur sens que lorsqu’ils génerent des actions multinationales, de même que les actions futures relèvant de ce domaine, ne prennent tout leur sens que lorsqu’elles génèrent des nouveaux besoins de formation.

Les actions interculturelles, pourvu qu’elles aillent dans le sens de nos convictions profondes en matière d’interculturel et qu’elles soient le résultat d’une préparation, d’un projet élaboré avec nos partenaires étrangers, nous pouvons mettre en place des actions aussi diverses que :

· l’accueil de petits groupes ou d’adolescents français, avec un ou des animateurs également français, dans des structures étrangères et, bien sûr, réciproquement.

· l’accueil d’animateurs étrangers dans nos centres de vacances et réciproquement.

· l’aide aux projets de jeunes (individuels ou collectifs) désirant vivre une expérience insérante à l’étranger, cette aide consistant :

  • à traduire une idée, une intuition en un projet intégrant une véritable dimension de rencontre.
  • à formaliser un projet de manière à solliciter l’octroi de bourses ou subventions locales, nationales ou européennes,
  • à proposer des relais (lieux d’hébergement possible, personnes de référence, documents, etc ..) dans les pays que les demandeurs souhaitent rencontrer (l’objectif final étant qu’un jeune, un adulte n’ait plus besoin de tels relais pour partir).

... des échanges de services (dont les termes et les conditions de réciprocité sont à définir plus précisement) portant sur :

    • les personnes (par exemple l’accueil de jeunes étrangers dans des familles françaises et réciproquement)
    • les biens (par exemple : échange de domicile pendant une période donnée)


L’insertion sociale

Tel que nous le concevons aujourd’hui, l’insertion sociale n’est plus forcément synonyme d’insertion professionnelle, le travail reflétant une réalité de plus en plus mouvante, de moins en moins facile à cerner, du fait des profondes mutations qui le secoue. En cette fin de millénaire et sans faire de prospective hasardeuse, nous sommes persuadés que le temps du plein-emploi est révolu, que la notion même de travail évolue et que cette évolution rendra un jour très relatifs, voire caduques, les cloisonnements traditionnels entre, par exemple, investissement social et travail productif.

Convaincus, enfin et surtout, qu’un certain nombre d’expériences transitionnelles sont nécessaires pour que les jeunes maîtrisent les différentes étapes de leur insertion sociale, notre démarche consiste à :

· Permettre aux jeunes ayant effectué une formation d’animateurs d’échange et faisant preuve d’une motivation certaine quant à l’interculturel de valider leurs acquis, de poursuivre leur formation en les impliquant dans la mise en place d’activités interculturelles, impliquant directement des jeunes, et réciproquement pour les étrangers.

· Permettre à des jeunes français d’effectuer pour un temps donné et dans le cadre d’une association ou d’une collectivité locale étrangère, une expérience sociale et/ou professionnelle de type Service Volontaire Européen, et réciproquement pour des jeunes étrangers (dans la mesure ou cet emploi temporaire ne se substitue pas à un emploi existant).

· Mettre en place une procédure de suivi rapproché de ces stagiaires, afin que les difficultés rencontrées, qu’elles soient liées à l’interculturel ou au travail lui-même, ne se transforment pas en échec invalidant.

· Constituer au sein de STAJ, des groupes permettant aux personnes motivées de se familiariser progressivement à l’ensemble des domaines d’intervention de l’interculturel, mais aussi de la vie associative dans son ensemble afin qu’ils en deviennent des multiplicateurs.

 

   

Accueil ~ Quézaco le développement? ~ L'Interculturel à STAJ ~ Espace ressources ~ Espace Dynamique